5 Exemples d'Entrepreneuriat Social qui vont vous inspirer

5 Exemples d'Entrepreneuriat Social qui vont vous inspirer

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Favoriser l’intégration des réfugiés dans le marché de l’emploi, faire revivre l’artisanat marocain tout en développant l’éducation des filles, relancer l’emploi par l'upcycling des pneus au Sénégal : voici 5 initiatives d'entrepreneuriat social à la fois admirables, inspirantes et courageuses ! Ces exemples d’entrepreneuriat social montrent comment ces acteurs du “social business” veulent changer les choses et oeuvrer au bien-être de la communauté.

1. Le Baluchon : Un projet culinaire et inclusif

François et Louise, les fondateurs, sont partis du constat que certains quartiers en banlieue parisienne connaissent des difficultés d’insertion professionnelle. Tous deux passionnés de nourriture, ils ont alors imaginé un projet d’alimentation locale et responsable pouvant également contribuer au développement de ces zones prioritaires.

C’est ainsi qu’est né Baluchon en 2014 en tant qu’ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale), agrément qui atteste de son caractère solidaire : sa priorité n’est pas le profit mais la recherche d’utilité sociale et son mode de gouvernance est démocratique.

En plus de développer l’insertion professionnelle dans le territoire de Romainville, Baluchon offre à la population locale une alimentation responsable dans son restaurant. Baluchon ne travaille qu’avec des produits frais de saison, si possible issus de la région Ile de France. L’entreprise s’engage également à acheter ses produits à un prix juste auprès des producteurs et privilégie des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.

Aujourd’hui Baluchon est devenu un groupe qui rassemble plusieurs entreprises sociales unies par ce double objectif d’insertion professionnelle et d’alimentation responsable. Il emploie 90 personnes et a réalisé en 2018 un chiffre d’affaire de 4 millions d’euros, entièrement réinvesti dans son activité.

2. Kodiko : Un projet d'insertion professionnelle des réfugiés 

L’association Kodiko a été créée pour venir en aide aux réfugiés dans leur recherche d’emploi. L’idée est partie d’un constat alarmant : un réfugié met en moyenne 5 ans à trouver un emploi stable avec une rémunération décente.

C’est ainsi que, sous l’impulsion de sa fondatrice Cécile, l’idée a émergé de mettre en place des dispositifs d’accompagnements avec deux composantes : un suivi individuel fait par un salarié d’une entreprise partenaire et une formation collective de 6 mois pour donner aux réfugiés les clés essentielles dans leur recherche d’emploi.

Kodiko, qui vient du mot “codes” en grec, c’est donc une association qui transmet les “codes” professionnels et culturels qui permettent aux réfugiés une insertion efficace sur le marché du travail.

A travers ses dispositifs de “co-training” innovants, les réfugiés apprennent à connaître les rouages du monde professionnel, épaulés par des salarié-volontaires qu’ils rencontrent régulièrement.

Les résultats obtenus sont prometteurs : environ 1 réfugié sur 2 a pu trouver un emploi après avoir suivi la formation de Kodiko. Et avec la constitution de 250 binômes “réfugiés-salariés”, Kodiko propose une expérience humaine et solidaire qui crée du lien social et promeut un idéal de vivre-ensemble.

3. Amaz : Relancer l’artisanat au Maroc, démocratiser l’éducation des filles

Fadela a deux sensibilités : une pour les sneakers et une pour l’éducation. Son projet ? Concilier les deux. Son approche : une formule audacieuse mêlant tradition et innovation.

Alors consultante dans le secteur public, Fadela se rend compte des défis majeurs que pose l’éducation dans son pays et décide de s’y investir. Passionnée depuis toutes petites par les Sneakers, elle crée alors sa propre marque de chaussures, fabriquées selon les traditions de l’artisanat marocain. Mais quel rapport avec l’éducation ?

En s’associant à l’ONG “Education for All”, la marque “Amaz” de Fadela développe l'idée suivante : pour chaque paire de sneakers vendue, un jour de pensionnat est financé pour une fille qui y est scolarisée.

Ainsi, Fadela réalise son rêve en créant sa propre marque de chaussures et en s’investissant dans l’éducation des jeunes filles originaires des régions éloignées du Maroc

Enfin, ses chaussures de fabrication 100% marocaine redonnent de l’attrait à l’artisanat marocain et développent les emplois locaux.

4. E-Cover : le recyclage des pneus au service de l’économie locale au Sénégal

Dans de nombreuses villes du Sénégal, les déchets de pneus font partie du paysage des villes. A 20 ans et à peine 50 euros en poche, Yaye Souadou Fall décide de changer cela et se lance dans une entreprise audacieuse : récupérer les pneus usagés qui trainent dans les rues et leur donner une seconde vie.

Pour cela, elle a une idée géniale : utiliser des hachoirs à viandes pour broyer les pneus usagés. Et bingo : La matière obtenue devient parfaitement exploitable !

Dans la conception de terrasses, aires de jeux et même de semelles de chaussures, le produit d’E-Cover a rapidement trouvé preneurs parmi les entreprises du territoire. Une fois son activité lancée, l’entreprise décide alors de s’implanter à Bambilor, là où les déchets de pneus encombrent les rues de manière dramatique et où de nombreuses personnes recherchent un emploi.

Avec un budget très faible, E-Cover a su faire preuve d’ingéniosité dans ses levées de fonds et a opté pour des investissements durables. Les conséquences sur le territoire de Bambilor sont doublement positives : de nouveaux emplois ont été crées et les déchets de pneus retrouvent une seconde utilité.

5. Gawad Kalinga : Une entreprise sociale aux Philippines qui réussit

L’entrepreneuriat social joue un rôle tout à fait crucial dans les pays en développement. Là où les pouvoirs publics semblent impuissants face à la montée des inégalités et la pauvreté de masse, le “social business” trouve son terrain de prédilection. A cet égard, l’exemple de Gawad Kalinga aux Philippines prend tout son sens.

Dans ce pays où ¼ de la population vit sous le seuil de pauvreté, les entrepreneurs sociaux ont une utilité vitale et oeuvrent notamment à l’insertion professionnelle des populations précaires.

C’est tout le sens de la démarche entreprise par Tony Meloto, le plus connu des entrepreneurs sociaux et également fondateur de Gawad Kalinga. Inquiet pour ses enfants, il a rapidement compris que l’on ne pourrait pas résoudre les problèmes d’insécurité à Manille sans s’attaquer à son principal vecteur : la pauvreté.

Il décide alors de fonder son propre mouvement qui rassemble travailleurs pauvres et jeunes entrepreneurs philippins autour d’un projet global de lutte contre la pauvreté. Il crée des structures de travail, à commencer par un “Village agricole universitaire” où riches et pauvres collaborent dans des travaux d’intérêt public. Il réussit également à convaincre les délinquants de sortir des bidonvilles pour venir travailler et se construire un avenir meilleur.

Les nombreuses constructions d’habitats ainsi que le développement de projets agricoles solidaires ont déjà permis de sortir plus d’un million de personnes de la précarité. A cela s’ajoute un combat contre le réchauffement climatique qui présente un réel danger pour les populations de l’archipel philippin.


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